Le pliage déforme une tôle autour d'une ligne droite pour lui donner un angle, sans changer notablement son épaisseur. En atelier, il se pratique surtout à la presse-plieuse, entre un poinçon et une matrice en V, ou sur une plieuse à tablier qui relève la tôle maintenue par un serre-flan.
Le pliage en l'air
C'est le mode le plus répandu sur presse-plieuse. La tôle repose sur les deux bords de la matrice en V, et le poinçon descend jusqu'à une profondeur donnée, sans plaquer la tôle au fond du V. L'angle obtenu dépend uniquement de cette pénétration : un même outil réalise donc de nombreux angles, ce qui limite les changements d'outils. En contrepartie, l'angle est sensible aux variations d'épaisseur et de dureté de la tôle, que les machines récentes compensent par des mesures en cours de pliage.
L'ouverture du V conditionne le rayon intérieur et l'effort : une règle d'atelier courante pour l'acier doux retient une ouverture d'environ huit fois l'épaisseur. Plus le V est ouvert, plus l'effort baisse et plus le rayon grandit.
Le pliage en frappe
Ici, le poinçon pousse la tôle jusqu'au fond de la matrice et la presse fortement, au point de déformer plastiquement la zone pliée sur toute son épaisseur. Le retour élastique devient quasi nul et l'angle très précis, mais l'effort nécessaire est plusieurs fois supérieur à celui du pliage en l'air, et chaque angle demande son outil. Entre les deux, le pliage en fond de matrice, où la tôle s'appuie sur les flancs du V sans être écrasée, offre un compromis.
Le tombage
Le tombage relève un bord de tôle en le faisant pivoter, la feuille étant serrée à plat entre une table et un serre-flan. Un tablier mobile, ou une lame sur les panneauteuses automatiques, soulève la partie libre. La tôle ne glisse pas sur un outil, ce qui préserve les surfaces fragiles ou revêtues, et les grandes pièces restent posées à plat, sans manutention délicate. Le même mot désigne aussi, en emboutissage, le relevage d'un bord court après détourage.
Rayon intérieur, fibre neutre et développé
Pendant le pliage, la face extérieure s'allonge et la face intérieure se comprime ; entre les deux, une fibre dite neutre garde sa longueur. Pour découper le flan à la bonne taille, on calcule le développé à partir de la position de cette fibre, exprimée par un coefficient qui dépend du rapport entre rayon et épaisseur. Un rayon intérieur trop petit fait fissurer la face extérieure, surtout sur les aluminiums durs et les aciers à haute résistance, et un pli parallèle au sens de laminage y est plus exposé qu'un pli perpendiculaire.
Le retour élastique
Dès que l'effort cesse, la tôle s'ouvre légèrement : c'est le retour élastique. Il croît avec la limite d'élasticité de la matière et avec le rapport entre rayon et épaisseur. On le compense en pliant au-delà de l'angle visé, ce que la commande numérique calcule et corrige pièce après pièce sur une presse-plieuse à commande numérique.
Termes voisins
- Cintrage et roulage : mise en forme courbe d'un tube, d'un profilé ou d'une tôle, et non selon une arête.
- Ourlet : bord replié à plat sur lui-même, pour supprimer l'arête vive et raidir le bord.
- Bord tombé : petit retour formé en emboutissage ou en pliage.
- Pliage de précision : enchaînement de plis aux tolérances serrées, qui suppose de maîtriser la tolérance d'épaisseur des tôles.
- Mécanosoudure : assemblage par soudage de pièces pliées et découpées, décrit dans la fiche sur la mécanosoudure.
