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Tôle et procédés

Tôles galvanisées, électrozinguées et prélaquées : ce que le revêtement apporte et ce qu'il supporte

Fleurage d'une tôle d'acier galvanisée à chaud

Une tôle revêtue arrive à l'atelier déjà protégée contre la corrosion, par une couche de zinc déposée au trempé ou par électrolyse, parfois recouverte d'une peinture appliquée en continu. Elle évite un traitement après fabrication, à condition que la découpe, le pliage et l'assemblage respectent son revêtement.

Trois familles de tôles revêtues

TypeMode de dépôtAspectPoints fortsUsages typiques
Galvanisée en continuPassage de la bande dans un bain de zinc fonduGris métallique, fleurage visible ou réduitBonne protection, couche de zinc plus épaisseBâtiment, gaines de ventilation, armoires, structures légères
ÉlectrozinguéeDépôt électrolytique de zincFin, régulier, matExcellente base pour la peinture, couche minceCarrosserie, électroménager, boîtiers peints
PrélaquéePeinture organique appliquée en continu sur une tôle zinguéeCouleur et finition au choixPièce finie dès la découpe, aucune peinture aprèsBardage, couverture, portes, électroménager, enseignes

La tôle galvanisée en continu destinée au formage est définie par la norme EN 10346, avec des désignations du type DX51D pour la nuance et un suffixe Z suivi de la masse de zinc pour le revêtement. Les tôles électrozinguées relèvent de la norme EN 10152, les produits prélaqués de la norme EN 10169. D'autres revêtements métalliques existent, comme le zinc-magnésium ou l'aluminium-zinc, pour une tenue à la corrosion renforcée.

Pourquoi le zinc protège

Le zinc protège l'acier de deux façons : il forme une barrière entre le métal et l'atmosphère, et il se corrode à sa place lorsqu'il est mis à nu, puisqu'il est plus électronégatif. Cette protection dite cathodique couvre les rayures et, dans une certaine mesure, les bords découpés des tôles minces. Sa durée dépend surtout de l'épaisseur de zinc et de l'agressivité de l'environnement : un local sec n'a rien de commun avec une ambiance marine ou industrielle.

Mettre en forme sans abîmer le revêtement

Le revêtement suit la déformation tant qu'elle reste modérée. Au pliage, un rayon intérieur trop petit fait craqueler ou écailler le zinc sur la face extérieure, et une couche épaisse y est plus sensible qu'une couche mince. Sur une tôle prélaquée, la peinture doit supporter le pli sans fissurer, ce qui se vérifie par des essais de pliage et se traduit par un rayon minimal à respecter. Les plieuses à tablier, qui ne font pas glisser la tôle sur un outil, ménagent mieux les surfaces revêtues ; un film de protection sur la face peinte complète la précaution. Les modes de pliage sont rappelés dans la fiche de lexique sur le pliage en l'air et le tombage.

À l'emboutissage, le zinc se comporte comme un lubrifiant solide mais peut s'arracher en poudre ou en écailles, qui s'accumulent dans l'outil et marquent les pièces suivantes. L'acier sous le revêtement doit lui-même être choisi pour sa formabilité, comme l'explique le guide de l'acier pour emboutissage.

Découper et assembler une tôle revêtue

  • Découpe : les bords découpés sont à nu ; sur les tôles minces, le zinc voisin les protège en partie, sur les épaisseurs plus fortes ou en ambiance agressive, une retouche est à prévoir.
  • Laser : il vaporise le zinc autour de la saignée et brûle la peinture sur une petite bande ; le cisaillage et le poinçonnage préservent mieux un prélaqué.
  • Soudage : le zinc se vaporise, produit des fumées nocives à capter et perturbe le bain de fusion ; le soudage par points demande des réglages adaptés et un entretien plus fréquent des électrodes.
  • Assemblages mécaniques : clinchage, rivetage et vissage préservent le revêtement et conviennent particulièrement aux prélaqués, comme le détaille le guide sur l'assemblage des tôles.

Revêtue d'origine ou traitée après fabrication

La tôle prérevêtue a l'avantage de la simplicité : pas de traitement après fabrication, pas de déformation thermique, un aspect régulier. Elle a ses limites : bords découpés non protégés, zones soudées à retoucher, couche de zinc plus mince que celle d'une galvanisation au trempé réalisée sur la pièce finie, qui couvre toutes les faces et tous les bords. Pour les ouvrages exposés aux intempéries, comme une partie des ouvrages de serrurerie-métallerie, la galvanisation après fabrication reste souvent préférée. Les autres options, zingage électrolytique des pièces, cataphorèse ou peinture poudre, sont comparées avec les traitements de surface des pièces de tôlerie.

Ce qu'il faut écrire sur le plan

Une tôle revêtue se désigne par sa nuance d'acier, son type et sa masse de revêtement, son aspect de surface et, pour un prélaqué, par le système de peinture, la teinte, la finition et la face à protéger. Préciser si les bords découpés peuvent rester à nu évite des malentendus à la réception, tout comme l'indication de la face visible et de la présence d'un film de protection. Ces mentions trouvent leur place dans le cahier des charges d'une pièce en tôle. Pour un prélaqué, il est utile de demander aussi la tenue du système de peinture à l'extérieur et le rayon de pliage minimal garanti par le fabricant de la tôle, deux données qui conditionnent le dessin des plis.

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